Pourquoi fondateurs? Car ils ont marqué les courants magiques ou bien parce qu’ils paraissent dignes d’intérêt, puisqu’ils provoquent une réflexion ! Ces textes sont donc de bonnes bases à méditer.
Aurozia
Le Crédo des sorcières
» Oyez les paroles des sorciers:
Notre secret caché dans la nuit
Lorsque le chemin était sombre
Nous le révélons aujourd’hui.
Devant l’eau et le feu mystérieux
Par la terre et le souffle de l’air
Par la quintessence de l’esprit
Gardez silence, veuillez vous taire.
Les renaissances de la nature,
Le passage des hivers et printemps,
Nous communions avec ce qui vit
Et fêtons dans un cercle hors du temps.
Quatre fois l’an viennent les grands sabbats
Et les sorcières dansent avec entrain
Aux premières récoltes, à la Chandeleur
À la fête de mai et à la Toussaint.
Quand les jours et les nuits s’égalisent
Quand l’Astre est au zénith ou nadir
Les sabbats mineurs sont convoqués
Et les sorcières vont s’ébaudir*
Treize lunes et cycles féminins
Treize sorcières dans un coven
Treize crépuscules pour s’ébattre
Tout cela en un jour et un an.
Transmis depuis les âges anciens
Passant entre l’homme et la femme
Passant d’un siècle à un autre
Depuis le commencement des âmes .
Quand le cercle magique est tracé
Par le glaive ou l’athamé puissant
Ses frontières traversent deux mondes
Pour cette heure vers les ombres il descend.
Ce monde n’a aucun droit de le voir
Et le monde d’en bas point ne trahis
Les Dieux anciens y sont invoqués
L’œuvre magique y est accomplie.
Il y a deux piliers mystiques
Qui le seuil du temple avoisinent
Tous deux sont puissances naturelles
Des formes et des forces divines
Sombre et lumineux en succession
Les opposés l’un contre l’autre
Représentent le Dieu et la Déesse
Grâce aux aïeux cette foi est nôtre.
La nuit est le cavalier des vents
Le Dieu cornu, seigneur des ombres
Et le jour est le roi des forêts
Habitant les clairières et les combes**
Elle est jeune ou vieille à sa guise
Sur la barque nuageuse elle vogue
Ronde dame argentée de minuit
Sombre matrone et mystagogue***
Le Maître et la Maîtresse de l’Art
Habitent les tréfonds de l’esprit
Immortels et toujours renouvelés
À volonté ils libèrent ou lient
Ainsi, bois le vin des Dieux anciens
Et danse, et aime en leur honneur
Jusqu’au jour où ils te recevront
Dans la paix, à la fin de tes heures
Fait ce que voudras, c’est le défi
Mais à personne ne fait de mal
Voilà le commandement unique
Que les Dieux t’enseignent l’idéal.
Si nul n’est lésé, fait ce que tu veux ! »
Texte de Doreen Valiente, écrit en 1978 -
Extrait du Liber Umbrarum de Gérald Gardner
Vocabulaire :
*S’ébaudir – s’amuser, se réjouir **Combe – Vallon entre deux barres rocheuses *** Mystagogue – Prêtre qui initiait aux mystères





